Historique

Philippe de Vibraye en 1959 pour le centenaire du CCAS

« Nous avons une tâche à remplir pour sauvegarder notre patrimoine, l’enrichir sans cesse, le faire mieux connaître et apprécier de tous. Peu de régions réalisent au même degré que la Sologne, l’harmonie des hommes et des choses. »

Au début du XIX ème siècle, alors que l’agriculture faisait de gros progrès, la Sologne était dans le même état qu’au XVIII ème siècle : peu de bois, des marais, des friches, des landes et des bruyères.
Napoléon III, resté très lié aux attaches solognotes de sa mère et n’ayant pu racheter le château de la Ferté Beauharnais, met alors en valeur son domaine de Lamotte Beuvron.
C’est le 27 décembre 1858, que tous les Comices Agricoles de la Sologne se rassemblent spontanément à Lamotte Beuvron pour tenter de remédier à l’état de la Sologne.
Un peu plus tard, certains propriétaires se réunissent au château de Lamotte Beuvron pour créer le Comité Central de la Sologne, le 25 juin 1859 : l’objet consiste à chercher les dernières techniques agricoles, piscicoles, forestières et d’élevage pour en doter leurs exploitations.

Ils ont compris que la maîtrise de l’eau est vitale pour notre région et obtiennent des résultats impressionnants.

L’arrêté restituant le CCAS prescrit son rôle ainsi conçu :

L’article 4 - Le Comité Central sera l’interprète de la Sologne auprès du gouvernement et sera chargé de lui donner des renseignements sur l’état des ressources, sur les besoins de la contrée et sur les moyens utiles pour faciliter les améliorations indispensables.
L’article 5 – Tous les ans les présidents des comices et de secteurs, rendront compte en Assemblée Générale des principaux faits agricoles survenus dans leurs circonscriptions administratives respectives. Le Comité Central les appréciera, portera les plus saillants à l’attention du gouvernement et leur accordera au besoin son concours.
L’article 6 – La délibération et les avis de l’Assemblée seront adressés à chacun des 3 préfets qui administrent une partie de la Sologne et transmis ensuite avec leurs observations au Ministre de l’Agriculture du commerce et des travaux publics.

Ce rôle de représentant de la Sologne et de conseiller technique, le CCAS l’a parfaitement rempli, pour un résultat spectaculaire :

– Drainage des champs, création de fossés et d’étangs
– Marnage des terres par le canal de Blancafort à Lamotte Beuvron
– Labour en planches
– Implantations d’essences forestières résineuses : pins maritimes, puis pins sylvestres et laricios de Corse
– Création d’une véritable aquaculture dans les étangs, acclimatation d’autres espèces que la carpe : black bass, tanche, perche.
– Multiplicateur des troupeaux de moutons solognots à tête brune, plus résistants à la douve

Le CCAS reste très actif jusqu’à la guerre de 14-18, mais, petit à petit, ses activités sont reprises par les Fédérations spécialisées : Chambre d’Agriculture, Fédérations des propriétaires forestiers, Fédérations de chasse, de pêche etc…
C’est en 1906 que le CCAS fait construire son bâtiment face au canal, qui reste son siège à ce jour.

En 1911, le CCAS est reconnu d’utilité publique par la 3ème république.
Au moment du centenaire, en 1959, il compte 600 membres.

Le Comité Central n’a depuis lors jamais cessé de soutenir le développement de la Sologne en défendant avec ardeur les spécificités d’une région naturelle répartie entre trois départements, à travers :

- Un soutien attentif aux transformations indispensables de notre territoire, en apportant aux idées nouvelles la très longue expérience de notre Association et de ses membres
- Un contact permanent avec les autorités administratives des trois départements
- Un relais constant des prises de position de ses membres auprès de l’opinion publique régionale

Ces actions sont également relayées au niveau national chaque fois que les intérêts écologiques et économiques de la Sologne sont en jeu : Natura 2000, la Loi sur l’eau, la modification des structures administratives etc …Dans le cadre régional, les Rencontres Inter Solognotes ont un rôle fédérateur incontestable entre les parties prenantes associées au développement de notre région : DDT, Pays de la Grande Sologne, Syndicats de Forestiers et de Chasseurs.

Notre dynamique d’action s’inscrit donc dans la recherche constante des améliorations pouvant profiter à la Sologne et dans la mise à son service de notre longue expérience.